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Le
2 janvier 1980 à 17h43, à
la clinique du Bois-Joli du Mans retentit
un cri strident. Bobi naît dans la
douleur. La mauvaise idée qu’il
a de se présenter par le menton,
et les forceps aidant, lui valent un décrochement
de la mâchoire inférieure qu’il
gardera proéminente durant toute
sa vie. Excepté cet épisode
peu commun, Bobi vit une enfance somme toute
normale et heureuse jusqu’à
ce terrible accident de camping-car sur
la route qui amène Bobi et ses parents
à Disneyland Paris, récemment
inauguré. Bobi est alors âgé
de 12 ans quand son père décède
sur le chemin de l’hôpital et
sa mère se retrouve gravement blessée.
Bobi qui était à l’arrière
du van s’en sort miraculeusement indemne.
Principalement élevé par sa
grand-mère, Bobi nourrit ses deux
passions principales que sont les voyages
et le cinéma tout en s’occupant
de sa mère, traumatisée par l'accident.
C’est en parcourant la France en camping-car
avec ses parents qu’est née
cette passion du voyage. Concernant le cinéma,
c’est grâce à sa grand-mère
qui travaillait en tant qu’ouvreuse
dans un petit cinéma qu’il
prend goût au 7ème art. En
effet celle-ci lui raconte tous les soirs
les merveilleux souvenirs qu’elle
en a gardés.
Bobi n’est pas très studieux
et ne comprend pas ce que l’école
peut lui apporter concrètement alors
il s’y ennuie et la quitte à
16 ans, d’autant plus que ses petits
camarades ne sont pas très cléments
avec lui, si différent physiquement.
La vie ne lui fait pas de
cadeau mais Bobi est un battant. Il a 20
ans quand sa grand-mère quitte le
navire de sa belle mort. Pour gagner sa
vie, il fait alors des petits boulots à
droite à gauche : livreur de pizzas,
coursier, apprenti boulanger et même
homme de ménage dans une agence de
voyages. Lui qui est féru de voyages,
il touche sa passion du bout des doigts
mais un CDD n’est pas un billet d’avion.
Côté cœur, bobi étant
passionné de cinéma, il a
été éduqué sentimentalement
à travers des films pornographiques
dont il a su tirer la substantifique moelle
avec intelligence ce qui étonnamment
a fait de lui un amant hors-pair. Mais là où
le bât blesse, c’est le physique
peu avantageux de Bobi ainsi que sa timidité.
Ses rares relations débutent laborieusement
mais sa qualité d’amant les
rendent formidables. Bobi se qualifie lui-même
d’ « obsédé sexuel
romantique ».
Bobi est donc heureux jusqu’à
ce que sa mère devienne valétudinaire.
Le destin semble s’acharner
contre lui et à 25 ans il décide
donc de faire ce qu’il a toujours
rêvé : travailler dans le cinéma
ou dans le tourisme international. Dans
ces deux domaines très différents
il sait ce qu’il veut. Pour le cinéma,
il aimerait lancer un nouveau concept sur
grand écran : le cinéma-réalité
« ce qui évite de perdre des
années d’écriture de
scénario » selon lui. «
Une simple trame et les vrais acteurs de
la vie filmés en 35mm qui ne seraient
pas comédiens, voilà l’avenir
des salles obscures » est persuadé
Bobi. « La Vie est un film en version
longue » conclut-il. En marge de ce
pari aussi audacieux qu’irréel,
Bobi n’a qu’une idée
en tête : assouvir ses envies de voyage
et un seul métier semble le satisfaire.
« Un métier très peu
connu mais qui existe, celui de douanier
sans frontière » explique Bobi
à qui veut l’entendre.
Bobi est ambitieux mais pour s’accomplir
professionnellement, il doit obtenir le
fameux sésame qu’est le diplôme
du Baccalauréat. De plus, il sait
que sa mère sera très fière
de lui s’il devient bachelier ce qui
pourrait même la guérir d’après
les médecins.
Juin 2005 : Bobi passe donc le bac, un bac
littéraire spécialité
LV3 avec 4 langues étrangères
qu’il a apprises pour l’occasion
: le japonais, le russe, le chinois et l’anglais.
L’avenir est désormais entre
ses mains. Bonne chance Bobi.
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